Le bourgmestre tennoodois assure que la situation dépeinte par la note du ministre Ahmed Laaouej ne représente plus la réalité.
« C’est ubuesque, cela fait huit mois qu’on travaille avec la région ». Emir Kir, bourgmestre de Saint-Josse, a évoqué ce mercredi soir sur le plateau de BX1 « des querelles politiques et d’égo » pour expliquer l’affaire qui touche sa commune.
On connaît les communes mises sous tutelle par la région à cause de leur budget. Un inspecteur est alors dépêché sur place pour mettre en place un plan d’assainissement. Toutefois, les politiques ont encore la main sur les orientations budgétaires.
Mais dans le cas de Saint-Josse, la région pourrait aller plus loin avec une tutelle renforcée. Le ministre en charge des Pouvoirs locaux, Ahmed Laaouej (PS), propose en effet au gouvernement d’activer une procédure de tutelle coercitive. Une mesure qui n’a pas été activée depuis plusieurs décennies. C’est ce que rapportait ce mercredi La Libre qui a pu consulter la note du ministre socialiste. Cette dernière sera débattue en conseil des ministres ce jeudi. Si elle est validée, le gouvernement pourrait envoyer un ou plusieurs commissaires spéciaux pour exécuter les obligations de la commune. Saint-Josse et son bourgmestre, Emir Kir, un ancien socialiste exclu du parti en 2020, perdraient leurs capacités décisionnaires en termes de budget et donc de choix politiques.
« La commune de Saint-Josse présentait en 2025 un résultat cumulé en déficit de plus de 30 millions d’euros (NdlR: sur un budget annuel de 120 millions d’euros)« , pointe le document du ministre. « La dégradation financière de la commune résulte notamment de nombreux manquements et dysfonctionnements », précisaient alors nos confrères, rappelant que la situation s’est nettement dégradée en 2024, année où le PS était encore en majorité. La note évoque également « de nombreuses violations de la loi par la commune ».
Saint-Josse fait aussi face à des problèmes de trésorerie et avait dû, en 2025, solliciter un prêt de 21 millions d’euros au Fonds régional bruxellois de refinancement des trésoreries communales. Un inspecteur avait alors été envoyé à Saint-Josse.
Selon le bourgmestre, depuis lors, la situation a évolué. Finalement le déficit cumulé en 2025 devrait plutôt tourner autour de 17 à 18 millions mais pas 30, selon lui (les comptes 2025 ne sont toujours pas disponibles). Un montant qui reste important pour un budget annuel de 120 millions.
Le MR pour sauver Kir
Sur BX1, le mayeur assure que la note dépeint la situation de 2025, qui a évolué depuis. Le bourgmestre explique aussi ne jamais avoir reçu de dossier de la tutelle régionale ni d’accusé de réception après son dernier courrier envoyé. En décembre dernier, l’ancien ministre des Pouvoirs locaux, Bernard Clerfayt (Défi), avait en effet pointé plusieurs manquements de la commune qui assure avoir répondu en janvier avec un syllabus de documents justificatifs. Une lettre restée sans réponse, selon le bourgmestre.
Emir Kir, salue d’ailleurs sa collaboration passée, avec Bernard Clerfayt, et actuelle, avec le ministre président Boris Dilliès (MR), qui l’a reçu en urgence ce mercredi matin. Un appel aussi peut être pour que le MR ne suive pas la demande d’Ahmed Laaouej au gouvernement. Emir Kir compte pour rappel des libéraux dans ses rangs au niveau communal.
Par contre, le bourgmestre épingle Ahmed Laaouej et dénonce sa méthode dans ce dossier. « Les querelles politiques et d’ego ne doivent à aucun moment prendre en otage la population. Que les donneurs de leçons balaient devant leur porte », martèle le bourgmestre sur le plateau télé. Une allusion à peine voilée aux accusations de clientélisme dans l’attribution de logements sociaux qui éclaboussent le PS anderlechtois.
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Emir Kir l’assure, le plan triennal prévoit un retour à l’équilibre budgétaire dès 2026 avec 22 millions d’économies initiées avec le plan d’assainissement lancé depuis la collaboration avec la région fin 2025. Autrement dit, le déficit passé resterait, mais le budget 2026 ne creuserait pas davantage le gouffre. Budget qui n’a pas encore été voté.
Si le gouvernement suit la demande d’Ahmed Laaouej ce jeudi, un premier rappel sera envoyé à la commune pour mettre de l’ordre dans son fonctionnement. Ce n’est qu’après un deuxième rappel formel que la tutelle coercitive pourra être lancée.
Source: https://www.dhnet.be/
